La ville de Bolbec est située en amont de la vallée du commerce (Bolbec, Lillebonne, Notre-Dame de Gravenchon), à la source de la rivière qui porte son nom. Située au cœur de trois vallées, la ville offre une kyrielle de petites ruelles bordées par de belles demeures qu’il faut savoir découvrir.
Le passé de Bolbec est fortement marqué par l’industrie textile qui a longtemps été le moteur économique de la ville.
Bolbec s’est développée grâce aux nombreux moulins qui jalonnaient la rivière traversant la ville. Ces moulins, au nombre de 14 au milieu du 19ème siècle, ont permis le développement de l’industrie textile puisque celle-ci utilisait l’eau, puis la vapeur pour faire fonctionner ses machines.
Aujourd’hui, seuls trois moulins subsistent : un à la source de la rivière dans l’enceinte de l’usine Oril, un au Vallot et le dernier, ruelle papavoine.
Ci-contre : Modèle d’indienne déposé par Louis Géhet 31/07/1828
(copyright Syndicat Mixte du Valasse)
A la fin du 18ème siècle, de nombreux manufacturiers s’installent à Bolbec pour produire des « Indiennes ». A la veille de la révolution française, Bolbec compte près de 18 manufactures. En 1806, c’est 27 indienneries qui existent à Bolbec, représentant près de 800 ouvriers.
L’importance du textile dans la Vallée de Bolbec fut alors reconnue par l’état, d’une part par la création de la Chambre des Arts et Manufactures en 1806 (qui deviendra la Chambre de Commerce et d’Industrie) et d’autre part, par la création du Conseil des Prud’hommes en 1813.
Mais au fil des ans, l’industrie textile subit les crises économiques. A la fin du 19ème siècle, une seule indiennerie subsiste. Elle fermera définitivement ses portes en 1956.
Le dernier atelier de tissage fermera en 1986.
La collection d’indiennes de la ville de Bolbec provient des dépôts d’échantillons de tissus que les manufacturiers faisaient auprès du Conseil des Prud’hommes de Bolbec conformément au décret du 18 mars 1806 prescrivant « … pour la conservation des dessins, la possibilité pour les fabricants d’en déposer un échantillon pour s’en réserver la propriété exclusive pour une, trois ou cinq années ou à perpétuité ».
C’est donc près de 15000 échantillons qui ont ainsi été déposés entre 1825 et 1927. Mais ce n’est qu’en 1967 que l’historien de la ville a découvert, dans deux placards jusque là condamnés, des paquets scellés. Ce n’est qu’à l’examen de ceux-ci que l’on découvrit les échantillons d’indiennes déposés par les manufacturiers.
Ces échantillons sont aujourd’hui en cours d’inventaire et de numérisation.
Bolbec, de nos jours...
Il reste peu de trace du passé textile de la ville. Seule une ancienne usine textile subsiste de nos jours : c’est l’ancienne usine Desgenétais, du nom de celui qui a marqué son histoire. En effet, ce site est le dernier témoin de l’empreinte des manufactures sur l’urbanisme alentour : école, crèche, chapelle, maison d’ouvriers, de contremaîtres… Cet ensemble forme un site exceptionnel témoin d’une époque.
